dimanche 22 mars 2015

Chapitre 7 De El Chalten à Punta Arenas



Histoires de chiens


Commençons donc par un paragraphe sur les chiens.
Comme dans de nombreux pays, ils ont une vie nocturne plus agitée que la diurne et alors gare si votre chambre est mal placée.


Le jour ils dorment beaucoup, il faut bien récupérer.


Ils ont aussi, plus qu'ailleurs me semble-t-il, la caractéristique de former des bandes d'environ 6-8 animaux qui semblent unis pour défendre un territoire. Calmes entre eux, il ne s'agit pas qu'un animal d'une autre bande vienne croiser leur route. C'est sans doute ce dont j'ai été victime à El Chalten lorsque roulant à 2 km/h, a déboulé devant mes roues (entre mes roues je crois) un animal furieux qui ne se rend même pas compte qu'il me fait tomber.

Après qq soubresauts pour éviter de tomber, je le fais, brillamment, heurtant violemment les paumes des deux mains, surtout la droite ainsi que genou gauche, celui tellement abîmé depuis 40 ans et que je le sollicite tant dans cette rando (sans ménisque, sans un partie des ligaments croisés et depuis qq temps sans cartilage - arthrose).

Le soir le bilan est mauvais: main droite très douloureuse, le genou a doublé de volume et j'ai mal un peu partout. Je plombe un peu l'ambiance du repas de viande que nous nous préparons avec Tancrède et Fanny et je dois envisager de ne pas repartir tout de suite, voire pas du tout - dossier de rapatriement démarré avec la MAIF. A la suite d'une chute, Tancrède s'est lui aussi cassé un doigt et l'originalité tient au fait que Fanny à pu lui bricoler une attelle en liaison avec leur docteur via Skype!!

A force de glace et d'anti-inflammatoires, le genou est redevenu rapidement fonctionnel mais la main va rester douloureuse. Sans m'empêcher de pédaler le jour, cette douleur va cependant me gêner la nuit jusqu'à la fin du séjour: pardi,  à mon retour en France, un scanner va montrer une fracture du trapèze avec arrachement d'un bout d'os de 5 mm.

J'aurai au final manqué 2 jours magnifiques entre El Chalten et El Calafate, dixit Domnin: vent favorable, bon goudron, belles lignes droites, désert de pampa avec lacs, fleuves et montagnes au fond.

Comme ce fut un sujet de discussion entre nous - faut-il faire ce trajet en bus ou en vélo? - la réponse semble bien être en vélo en sachant qu'il n'y a qu'un seul arrêt possible le soir au milieu des 220 km, qu'il y a peu de possibilités de se ravitailler en eau, et que les 30 derniers km peuvent être redoutables face au vent, Domnin parti seul en fera l'expérience. mais quel plaisir d'avoir retrouvé du bon goudron!

Le temps que je reste à El Chalten, la météo reste assez belle et tous les jours, je peux admirer les somptueuses parois qui dominent la ville,  sans bien sûr pouvoir les approcher.
Le Fitz Roy, le chef de la bande - dont on rappellera qu'il a été conquis pour la première fois dans les années 50 par le français Lionel Terray - mais aussi son satellite, la pointe Poincennot, décédé dans l'expédition Terray, mais aussi le Cerro Torre, objet de la convoitise de l'italien Cesare Maestri (qui n'a pas hésité à monter une foreuse dans la paroi verticale pour y percer des trous pour les pitons et dont la mort de son coéquipier Tonni Egger reste peu claire). Un vrai lieu d'histoire de l'alpinisme. J'attends avec impatience les photos de Fanny et Tancrède qui ont sillonné les fonds de vallées et les cols, voire marché sur le "hielo" continental.



Cerro Torre



Du Cerro Torre au Fitz Roy





Je reste 4 nuits dans la même cabanas. Un peu cher et bruyant, près du générateur d'électricité dont on souhaite ardemment qu'il tombe en panne. Le deuxième hôtel de repos sera bien mieux, y compris la connexion wifi. Tout doit être payé en cash, et comme les distributeurs sont vides, ma situation financière devient limite.


EL CHALTEN - EL CALAFATE (en bus)

CARTOGRAPHIE





Distance:   212 km - Dénivelé positif:   1152 m
14 Février 2015
Claude: 3H de bus
Domnin - 
Etape 26: 109  km - Dénivelé positif:  309  m
Etape 27:   105 km - Dénivelé positif:    761 m - EL CALAFATE

3h de bus me permettent de retrouver Domnin - et Paul par la même occasion qui renvoie son vélo à Buenos Aires avant son retour en France via Ushuaia. Même en bus,  la route El Chalten - El Calafate est splendide et photogénique. Un fleuve magnifique - La Leona - relie les 2 grands lacs Viedma et Argentino. Un autre fleuve non moins puissant - le Rio Santa Cruz - s'échappe du lago Argentino et va traverser d'Ouest en est toute l'Amérique du Sud.

Lago Viedma


Ligne droite que j'aurai aimé pédaler




Cet établissement de La Leona, seul point d'arrêt sur les 220 km est historique puisque  Butch Cassidy et le Kid y ont séjourné!

Rivière Leona


El Calafate, et la visite au Perito Moreno.

15 Février 2015

Pas de chance à El Calafate: la ville est surchauffée par la venue de la présidente Kirchner qui participe à des festivités - du bicentenaire de la ville? - juste pendant qu'on a prévu d'y être. Tout est complet. Domnin trouve qq cm2 dans un camping de la police et je prends malgré moi une résa booking dans un hôtel en dehors de la ville, assez cher et... en cash. Heureusement le Dimanche soir les distributeurs ont retrouvé un peu d'argent à distribuer aux touristes étranglés comme je le suis.
La ville est en fête mais j'en profite guère sauf d'un restaurant de viandes fameux, voire faramineux.

Pour aller voir, regarder, écouter la chute du glacier Perito Moreno, il faut prendre un billet à la gare routière par exemple qui combine bus aller retour, éventuellement bateau au pied des séracs (de peu d'intérêt semble-t-il) et surtout la balade dans les échelles disposées juste en face du front du glacier, spectacle gratuit garanti. Pour peu qu'il fasse beau, pique-nique à ne vraiment pas manquer. Les échelles combinent plusieurs parcours, en haut ou en bas, à droite, en face ou à gauche et on à toute chance d'assister à des chutes de glace spectaculaires.

Venir ici en vélo depuis El Calafate eût été possible, 75 km de goudron, mais contre le vent pour venir et dans un un certain trafic de bus, donc pas trop recommandé. 2 allemands que Domnin a rencontré plus tôt l'ont fait.










Pas pu filmer des chutes de glace mais certaines ont fait beaucoup de bruit et qq ... vaguelettes dans les lacs et torrents qui le borde.

Miraculeusement pour l'organisation touristique locale, le Perito Moreno, dont on rappellera qu'il n'est qu'une sortie latérale de la gigantesque calotte glaciaire dite "Campo de Hielo Sur", n'est pas sujet au retrait spectaculaire des glaciers de l'Amérique du Sud, évoquée plus loin au chapitre 8.

RETOUR AU VÉLO: De El Calafate À Puerto Natales


CARTOGRAPHIE





Distance:    271 km - Dénivelé positif:  1752  m
16 au 19 Février 2015
(Etape 26: 109  km - Dénivelé positif:  309  m)
(Etape 27:   105 km - Dénivelé positif:    761 m - EL CALAFATE)
Etape 28:   112 km - Dénivelé positif:    913 m
Etape 29:   45 km - Dénivelé positif:    239 m - Tipi Aike
Etape 30:   58 km - Dénivelé positif:    385 m - Cerro Castillo
Etape 31:   60 km - Dénivelé positif:    409 m -Puerto Natales

Presqu'une semaine sans pédaler, entre le jour de repos à El Chalten, le repos forcé dû à la chute, le transfert à Calafate, et la visite au Perito Moreno.
Nous repartons avec un objectif ambitieux: rejoindre au plus vite Puerto Natales (notamment pour aujourd'hui car même si un beau col de 600m de  montée coupe cette étape au 50ième km, le vent devrait nous pousser).

Exact pendant 60 km, le temps de s'échapper de la vallée de Calafate et de monter facilement le col.

Sortie d'El Calafate

Plein Est en sortant d'El Calafate



Au col, à 1000m, vers le Nord

Moins exact lorsque, en haut du col, la route prend une direction Sud Sud Ouest. Comme tous les jours le vent à forci et nous prenons des rafales latérales de toute beauté, qui sont dangereuses mais n'empêchent pas de maintenir pour le moment un rythme intéressant.
Malgré le soleil, impensable de faire une pause en plein vent, il nous faut nous installer en contrebas de la route.
Spectacle magique que ce haut plateau de 700-800m d'altitude ou rien ne pousse qu'une végétation rabougrie et ocre qui se confond avec les guanacos, seul capables de survivre dans ces 50èmes rugissants.

Au km 94, il faut se décider soit à s'arrêter là, de bonne heure, à la fin du goudron avec la perspective de se lever de très bonne heure pour affronter 70km de ripio - parmi les derniers - ou bien justement démarrer le ripio, toutefois en ne connaissant pas sa qualité, ni la force du vent que l'on va prendre de face ni sur les possibilités de camping.


Derniers mètres du col avant le plateau

Guanacos sur le plateau

Ambiance du plateau

Pique-nique à l'abri

Ambiance de plateau

El Cerrito, les derniers mètres de goudron, km 94


Le vent est fort mais il fait beau, et le ripio n'a pas l'air trop mauvais. C'est parti face au vent cette fois. Vent plus ripio - il va vite devenir exécrable - font descendre notre vitesse à qq km/h. Une lutte féroce s'engage car il va bien falloir trouver de l'eau dans cette zone totalement inhabitée. Domnin avait entendu parler d'un hypothétique poste de police 20 km après le démarrage de ce bout de route (l'ancienne route 40 qui descend toute l'Argentine, large donc mais visiblement non entretenue) .
20 km et 2h plus tard, au bout d'une ligne droite d'enfer, nous trouvons ce poste de police, qui semble avoir servi dans la journée, mais désert ce soir et fermé. Dans les qq m2 abrités du vent, nous montons nos 2 tentes et l'eau du Rio nous sert pour tout le reste. Ce fût finalement une belle étape pour une reprise. Le vent se calme dans la nuit.


Poste de police

Blottis contre le poste de police





Deuxième jour

Même si nous n'avons pas eu froid, cette nuit à été peu réparatrice et nous nous levons d'assez bonne heure en espérant éviter le vent fort du milieu de journée.


Il ne reste que 50 km de ripio avant de retrouver le goudron mais ce jour lugubre va cumuler tous les défauts: mauvais temps, ripio exécrable, vent assez fort dès que l'on émerge du creux de vallée qui nous abritait - un peu - et du coup sensation de froid qui transperce les os. Tous les 5 km environ, un poteau de secours avec téléphone pour bien renforcer la sensation que vaut mieux pas tomber en panne dans ce secteur, par ailleurs pas très beau. Enfin si, dans le fond, à droite on devine le massif du Paine ( prononcer "pas inné"), parc national chilien, objet de convoitise de tous les touristes randonneurs du coin. 

Et même le pire finit par se terminer en tout début d'après-midi: à Tapi Aike nous retrouvons le goudron.


Au croisement des 2 routes, un poste à essence, un poste de police, un local pour la personne qui entretient la route - notamment matériel de déneigement pour l'hiver -  et une sorte de roulotte infâme qui contient 2 couchettes infâmes dans un environnement glauquissime. On y déjeune puis la perspective de rouler sous la pluie et les rafales de vent nous incite au raisonnable: on verra demain.


On s'installe dans les couchettes infâmes, à côté du générateur d'électricité hyper bruyant - arrêt à minuit. L'homme de la sécurité routière est sympathique et nous prêtera finalement cuisine, gazinière, lavabo et douche mais pas grand chose ne fonctionne. Un vrai sacerdoce que de rester dans ce trou.

Un caballero se prépare doucement à rejoindre une hacienda, la bas au fond, mais aura bien du mal à se décider à partir.

En fin de journée 2 suédois viennent compléter ce tableau de perdition digne de Delacroix!






Le ripio du petit matin


Poteau de détresse


Roulotte couchette pour la nuit glauque de Tapi Aike





Le lendemain sera moins glauque mais comportera des moments tout aussi difficiles. Le départ est retardé car bourrasques de pluies qui vont se calmer heureusement pour le reste de la journée et, petit à petit le soleil va s'imposer. Quand au vent il va démarrer fort et va croître et embellir jusqu'à atteindre l'impossible à rouler au moment de passer la frontière vers le Chili.

Les 40 premiers km sont Sud-Ouest et le vent Ouest-Sud-Ouest, de 3/4 de face donc. La route monte doucement mais sûrement. Pour se motiver on se relaie chaque km avec Domnin, le nez dans le guidon - sauf pour photographier les tours de Paine qui se rapprochent doucement. Après une descente bienvenue vent dans le dos il faut remettre le couvert sur une lente remontée vers le croisement de Cancha Carrera, qui n'est qu'un croisement, pas même un troquet. Seuls 2 cyclistes, Danois cette fois, nous font un brin de causette.

De là, comme tout le monde nous a dit que c'était mieux de rejoindre Puerto Natales via le Chili que via l'Argentine, nous nous dirigeons donc vers la frontière Argentine à 6 km (mauvais ripio descendant - qq maisons et peut-être de quoi camper) - puis le poste Chilien 7 km plus loin (très mauvais ripio), à l'entrée du village de Cerro Castillo, dont on n'arrive pas bien à anticiper les capacités d'accueil.

Après un pause déjeuner fort agréable au soleil et abritée du vent, nous affrontons, pour ces 13km de ripio, le plus fort vent de face du voyage. Debout sur les pédales, petit plateau grand pignon nous atteignons le poste frontière argentin, puis l'entrée de Cerro Castillo, le poste frontière chilien qui récupère tous les pots de miel d'un groupe de touristes français.

Cerro Castillo semble n'exister que pour des raisons administratives. Un petit super marché, qq places dans une auberge, des places de camping abritées du vent, ici et là, moyen accueillant faut bien le dire.

C'est de là qu'en remontant - ripio - 50 à 80 km au Nord on peut accéder aux randos du massif du Paine. Un anglais qui en revient nous déconseille de s'y rendre en vélo, et notre faible enthousiasme d'y aller s'évanouit définitivement. En fait, le mieux semble de rejoindre Puerto Natales et de gérer le séjour via les bus.

Au gîte je rencontre des routards en voiture: famille hollandaise avec 3 enfants et couple de suisses qui sillonnent l'Amérique du Sud pendant plusieurs mois avec des locations de voiture.

Assez fréquemment, nous croiserons ou serons doublés par des véhicules, parfois imposants, immatriculés en Europe - allemands souvent, qqfois français.



Ciel de plomb sur les Tours du Paine

Guanaco sur fond de Torres  del Paine

On se rapproche de la cordillère

Massif enneigé au Nord des Torres del Paine

Descente vers Cancha Carrera

Pique-nique après Cancha Carrera

Descente vers la frontière Argentine après Cancha Carrera


Cerro Castillo




Quatrième jour

Il nous reste une bonne soixantaine de km pour rejoindre Puerto Natales. Cette fois nous progressons plein Sud et le vent de Ouest Sud-Ouest ne nous gêne que modérément.
De plus nous retrouvons du goudron - du ciment parfait en fait. La progression se fait dans une vallée parsemée de lacs, d'haciendas et sur la fin et sur notre droite des glaciers du fjord de l' "ultima esperanza ".

C'est que nous avons atteint les régions du Sud de la Patagonie riches en histoire d'explorateurs dont le plus connu sera Magellan.

Lorsque nous atteignons la mer, un virage à gauche nous fait rentrer dans le vent pour les derniers km. Niché dans le creux à droite, l'ancien port moutonnier de Puerto Bories,  j'y reviendrai.

Comme tous les jours le vent est extrêmement fort vers 13 h quand nous arrivons sur la place centrale de Puerto Natales. Nous nous  y restaurons avant de chercher et trouver, avec beaucoup plus de difficultés qu'on imaginait, de quoi se loger le soir.
Nous prévoyons 2 jours de repos après ces 4 jours un peu durs, venteux et froids. Les vélos ont besoin aussi de soins: nous n'avons plus de freins ni l'un ni l'autre.





Grande estancia, on doit pouvoir y dormir

Premier aperçu de "Ultima Esperanza"

Revoilà le Pacifique, 7 km avant Puerto Natales


L'hôtel du jour



Pendant ces 2 jours de repos puis par la suite vers et à Punta Arenas, nous allons expérimenter la météo des 4 saisons quotidiennes, décrites dans les guides: la pluie plusieurs fois par jour - avec le vent froid ça sent l'hiver - et le beau temps plusieurs fois par jour - sans vent c'est l'été.

Un autre aspect, lié à la météo et que je n'ai pas évoqué jusque là est la force des UV en liaison avec la couche d'ozone, un peu faiblarde dans le coin, comme on le sait. On s'est effectivement beaucoup enduits de crème solaire et les oublis, jour sans soleil par exemple, se payent cash le soir avec plus que d'ordinaire une sensation de brûlures sur le visage. Donc la plus grande vigilance est de mise. 

Puerto Natales, vaut le la peine de s'y arrêter: animée en son centre mais pas trop, elle a une grande capacité d'accueil hôtelière. De nombreuses agences proposent des séjours aux tours du Paine, là d'où on vient ainsi que des excursions au bout du fjord "Ultima Esperanza", le bien nommé . Le navigateur Juan Ladrillero y cherchait, en vain, un nouveau passage plus court que le canal de Magellan entre l'atlantique et le Pacifique. 


Au sud de Puerto Natales

Vue vers les glaciers du fjord Ultima Esperanza

A Puerto Natales

Puerto Natales est au bord de la mer et possède qq restes d'activité - petit port de pêche tout au bout sud ouest de la ville, intéressant, ferrys pour remonter à Puerto Montt et Santiago - un must paraît-il. 


Port de pêche de Puerto Natales


Ultima Esperanza fin XIX


Elle possède un superbe petit musée ethnographique qui explique bien les peuplements successifs de la région, depuis 14000 ans, venus du détroit de Behring par vagues successives et alors que le canal de Magellan n'est pas encore formé. On sait combien la colonisation a contribué à la disparition des derniers Yamanas, Onas et Alacalufs, mais ce n'est pas la partie la mieux expliquée de musée! Lire aussi l'excellent roman d'Isabelle Autissier sur ce sujet.

Musée ethnographique de Puerto Natales





Et puis Puerto Natales a été, première moitié de 20ème siècle, le plus grand port moutonnier d'Amérique du Sud, qui regroupait par millions les moutons d'Argentine et du Chili pour les transformer en viande destinée à l'exportation, congelée, vers l'Europe. Les vestiges de l'usine, devenue un hôtel 5 étoiles se visitent avec beaucoup d'intérêt, à 7 km au Nord. 

Usine de Puerto Bories






Moutons attendant leur fin tragique à Puerto Bories
Il y aussi un belvédère qui surplombe la ville de 600 m.

Et enfin, Puerto Natales a pour mascotte un animal qui aurait disparu il y a qq 10 à 15000 ans, le Milodon, et dont  on a retrouvé des traces dans des grottes aux environs.

MilodonMilodon



De Puerto Natales à Punta Arenas, environ 250 km

CARTOGRAPHIE




Distance:  247  km - Dénivelé positif:   1110 m
22 au 24 Février 2015
Etape 32:  127 km - Dénivelé positif:  847  m
Etape 33:   103 km - Dénivelé positif:  459  m
Etape 34:  22 km - Dénivelé positif:    166 m

Je ne le sais pas encore mais ce seront les derniers km pour cette rando-velo en ce qui me concerne. 

Nous partons de nouveau avec le programme ambitieux de rejoindre Punta-Arenas en 2 jours car le vent, enfin, devrait nous pousser, la progression étant Est ou Sud-Est ou Sud. La sortie de Puerto-Natales nous rappelle cependant combien ne pas être dans le vent expose à des rafales qui peuvent clouer sur place voire déporter dangereusement sur le côté de la route. 

Après la sortie de la ville, la vitesse de croisière augmente rapidement pour dépasser 20 km/h de moyenne sur les 100km qui amènent à Morro Chico. Du jamais vu et qu'on ne reverra pas. En poussant un peu sur les pédales, juste pour voir, atteindre 50 km/h est franchement facile et grisant mais on se calme vite car on sait qu'après Morro Chico la descente au Sud se fera sous les rafales.

Comme précédemment pour la section El Chalten El Calafate, nous savons que pas mal de cyclistes shuntent ces 250 km car trop monotones et exposés au vent. Ça se comprend surtout dans le sens opposé - on ne va plus croiser personne du reste - mais Domnin et moi apprécions tellement ces paysages dénudés que nous ne regretteront pas et même conseillons de s'atteler à cette tâche.

Comme précédemment aussi, les arrêts doivent se faire à l'abri du vent qui reste assez froid malgré un ciel plutôt dégagé.

A part qq rares villages, ce trajet sera celui des immenses haciendas aux immenses troupeaux de moutons, certains d'entre eux étant proche de leur dernier voyage.

 Morro Chico est un gros bloc posé sur un paysage de plateaux ondulants.

Il y a là au moins un troquet mais nous n'avons pas su s'il y avait de quoi se loger. Nous préférons continuer un peu malgré des rafales de vent, de côté maintenant  et parfois impressionnantes.

Alors que nous pensions  pouvoir atteindre Villa Telhueches au prix d'un gros effort (proche de 150 kms) nous allons nous limiter à 130, ayant découvert presque fortuitement que la baraque de chantier contre laquelle nous nous adossons pour une pose vitamine est en fait équipée des deux bas flans et d'un poêle que nous pourrons faire ronfler jusqu'à nous endormir dans d'assez bonnes conditions - eau dans une maison qq mètres en amont.








30 Km Après Puerto Natales 




Destination finale

Savane ou Normandie?


Abri bus et ...  abri vent


Arrivée à Morro Chico




Horizons patagoniens



Bivouac de fortune en bord de route





Deuxième jour

Le premier objectif est de rejoindre Villa Telhueches à une vingtaine de km. Vite fait bien fait avant que le vent ne se lève de trop et aussi de se ravitailler un peu et au chaud.

La surprise du jour est d'y retrouver Anne-Claire et Romain, entrevus au tout début de notre rando, il y a presque 2 mois. Nous repartons ensemble. 

Pendant une bonne quarantaine de km, nous progressons plus ou moins facilement avec le vent de coté qui forcit.

Après le repas de midi dans une cabane similaire à celle qui nous a hébergé cette nuit, face à un immense troupeau de moutons, 10 km pleins Sud face au vent vont laisser des traces. La route tourne un peu à l'Est ensuite et cela devient "acceptable" mais atteindre Punta Arenas ne sera sans doute pas possible ce soir à moins d'arriver très tard.

20 km avant la ville, un parc - Chabuco, assez sale - va nous permettre de couper l'effort. Des emplacements aménagés permettent de manger à l'abri du vent. Anne-Claire et Romain ont décidé d'arrêter leur périple - depuis Lima - demain à Punta Arenas.

Départ du bivouac


Villa Telhueches et le tandem d'Anne-Claire et Romain


Cabane protectrice pour le repas de midi


Le parc Chabuco

Troisième jour 

Il reste donc 20 km à faire en banlieue de Punta Arenas, grande ville de plus de 100000 habitants, non sans avoir fait un petit détour, inutile du reste, à l'aéroport international. J'aurai cependant à y revenir une semaine plus tard.



Arrivée à la place d'armes de Punta Arenas


Plaza de Armas à Punta Arenas


Canal de Magellan à Punta Arenas






BILAN CHIFFRÉ VELO

CLAUDE

Distance:   1990 km - 
Dénivelé positif:   20280 m
DU 12 JANVIER AU 27 FÉVRIER

Trajet vélo effectué

DOMNIN

Distance:   2700 km - 
Dénivelé positif:   24580 m
DU 12 JANVIER AU 8 MARS

Trajet vélo effectué









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