dimanche 8 février 2015

chapitre 6: le passage clef entre Cohaique et El Chalten


Il y aura en fait 3 parties dans cette mise à jour du chapitre 6, une qui s'achève à Cochrane, étant donné que je dispose de qq heures et d'une bonne connexion, puis une seconde partie jusqu'à Villa O Higgins, fin de la carretera australe, et enfin le passage clef du retour en Argentine via un "chemin" épique jusqu'au lago del Desierto et de là à  El Chalten.



PREMIÈRE PARTIE : de Coyhaique à Cochrane


CARTOGRAPHIE







Distance: 340 km - Dénivelé positif: 4308  m
28 Janvier au 1 Février 2015 


Etape 14: 91  km - Dénivelé positif: 1605   m Villa Cerro Castillo
Etape 15 et 16: 127  km - Dénivelé positif:  1785  m - Puerto Rio Tranquillo
Etape 17:   50.5 km - Dénivelé positif:  953  m
Etape 18:  64 km - Dénivelé positif:    1168 m - Cochrane

Je vais garder des superlatifs pour plus tard, mais il est vrai que les 340 km que nous venons d'effectuer de Coyhaique à Cochrane ont sensiblement augmenté le niveau de superbe, de grandiose et de beauté.



Résumons dans le détail le cheminement:



J1: en pleine forme, 100 km sur le goudron, pour la dernière fois avant... très beaucoup de km, de Coyhaique à Villa Cerro Castillo, plusieurs cols, beau temps, vent dans le dos et un village d'arrivée dans un cirque montagneux de toute beauté. Camping quelque peu perturbé par des couches tard et des lèves tôt et aussi parce que nous n'avons pas trouvé de resto ouvert le soir et qu'il a fallu retourner au camping à 22h pour se faire notre propre cuisine. Lever de soleil grandiose sur le cirque montagneux de Villa Cerro Castillo.


De la vigne en sortant de Cohaique

Grandes lignes droites vers Balmaceda
35 Km après Cohaique
Pique-nique peu confortable, très chaud
Avec Felipe et ses enfants. Merci pour l'eau
Forêt et reliefs volcaniques
Montée au col
Un peu de gâteau marbré, comme en Bolivie


Début de la descente sur Villa Cerro Castillo
Avant d'arriver à Villa  Cerro Castillo

Cathédrale de Villa Cerro Castillo
Camping de villa Cerro Castillo
Place de Villa Cerro Castillo
J2: 70 km de ripio moyen puis assez bon, grosse chaleur, un peu de vent défavorable, qq montées très sèches permettant de surplomber rivières et lacs d'un bleu vert époustouflant. Camping bienvenu chez des bûcherons accueillants, au milieu du désert impressionnant - qq habitations sur 120 km - que nous traversons. La fatigue se fait ressentir. 


En sortant de Villa Cerro Castillo




Lago ... Verde, on l'aurait deviné
Superbe

Superbe, tout simplement

Pique-nique chaud, beaucoup de vent

Carretera Australe, au bout du monde

Camping chez les bûcherons

J3: descente du col en bon ripio, mais le britannique que nous rencontrons nous alerte que les derniers 25 km qui amèneront à Puerto Tranquillo seront très mauvais et ils le furent! Avec une succession ininterrompue, cela va devenir une constante, de montées sèches - plus de 10 % sur qq centaines de m - suivies de descentes tout aussi raides que dangereuses. 65 km très éprouvants donc mais le début du contournement du magnifique "Lago General Carrera", 4ième plus grand lac d'Amérique du Sud. Bleus de toutes les couleurs!! Nuit en super lodge au village trop touristique de Puerto RioTranquillo.
Très loin de tout
On rejoint le Rio Murta
Cabane et éboulement

Ripio du jour
Plein Sud maintenant

Un peu de soleil -  Rio Murta

Pique-nique en vue du lac General Carrera


Lago General Carrera

Anse protégée, Lago General Carrera
En haut d'une des innombrables côtes avant Puerto Rio Tranquillo

Puerto Rio Tranquillo

J4: à cause de problèmes de logements à Puerto RioTanquillo, on part à 13h, bien reposés dans une succession de côtes terribles surplombant finalement le lac de plusieurs centaine de m. L'extrême bout du lac donne naissance majestueux Rio Barker - lieu d'une belle lutte écologique contre la construction de barrages - Sivens partout-. Camping miraculeux - c'est pour des miracles de ce genre que j'aime ce que nous faisons - miraculeux donc chez Filomena et Saturnino - amoureux de leur lopin de terre coincé entre glacier, lac et pâturages.


Lago Général Carrera

Idem

Idem

On s'en éloigne

On le retrouve
Encore une méga rivière à EL Léon, 1 maison

LeLago General Carrera se jette dans le Lago Bertrand

Campo Hielo San Valentin

Extrémité Sud du Lago Carrera

Région où il n'y a rien sauf des lodges de luxe

Pas de logement au carrefour vers Chile Chico

Déversoir  du Campo Hielo San Valentin


Chez Filomena et Saturnino

J5: il ne reste que 65km à faire. Mon oeil oui. Le ripio le plus difficile, plus le vent, plus la tôle ondulée - chapitre ripio à venir! - plus des côtes, voire des cols. Arrivé totalement "exhausted", à plus de 19h, j'ai bien apprécié que l'on trouve un - très - bon hospedaje rapidement. Et le repas partagé avec nos amis Tancrede et Fanny a chassé pour de bon les doutes de la fin d'après-midi.


Chez Filomena et Saturnino


Trop beau, en sortant de chez Filomena




Puerto Bertrand, qq maisons, trop beau, et d'où s'échappe le Rio Baker, menacé par des barrages

Rio Baker
RIO BAKER

RIO Baker

Tôle ondulée de très bonne qualité

Confluence avec Rio Nef





Rio Baker, engorgé avant Cochrane


ALOJAMIENTO DE COCHRANE

COCHRANE

LE RIPIO - mais quelle est donc l'étymologie de ce terme?


On va la faire à la François Hollande candidat:

Moi quand je serai élu président de la république du ripio...
- je prendrai des pneus plus larges,
- je saurai que la roue arrière joue avec les graviers
comme le ski aval à la sortie d'un virage,
- je saurai qu'il faut aborder les pentes raides sur le petit plateau AVANT que ça monte, sinon terminer à pied à tout coup,
- je saurai qu'il ne faut jamais dire qu'on vient de parcourir le passage le plus dur: il y a TOUJOURS pire à venir,
- je saurai que le pire des ripios vaut mieux que la tôle ondulée, profonde de 5 à 10 cm, qui arrive sans prévenir - si, si on guette bien on la voit venir- et qui secoue hommes et machines de façon insensée,





- je saurai que le ripio peut TOUT casser: sacoches trouées, porte sacoche dessoudés, objets perdus en cours de route, sacoche de guidon secouée comme un flipper, coutures abîmées, tout les sacs plastiques et les élastiques explosés, sac indéchirable constellé de microcoupures,
- je saurai que croiser un autre véhicule est toujours dangereux. On a beaucoup redouté qu'un caillou pincé par un pneu de voiture soit éjecté violemment dans un rayon ou sur nous,
- je saurai reconnaître au bruit du moteur un gros véhicule qui va vous dépasser et sagement m'arrêter sur le bas coté, là où la couche de cailloux est tellement épaisse qu'on ne peut repartir,
- je saurai monter en danseuse dans le ripio, le sommet de l'art consistant an anticiper les cailloux sur lesquels je vais monter et donc ripioter et donc appuyer moins fort sur les pédales,
- je rigolerai au souvenir du ripio dit "déversant", particulièrement traître: le coté de la route est généralement plus attirant car il semble plus lisse mais le fourbe étant déversant, incliné il vous emmène droit dans le decor.

DEUXIÈME PARTIE: de Cochrane à Villa O ' Higgins*

* prononcer "bidjaoriguinsse"

CARTOGRAPHIE




Distance:   233 km - Dénivelé positif:   3667 m
Du 3 au 7 Février 2015
Etape 19 et 20: 125  km - Dénivelé positif:   1485 m - Caleta Tortel
Etape 21: Transfert bateau Puerto Yungay
Etape 22:  68 km - Dénivelé positif:    1344 m
Etape 23:  25 km - Dénivelé positif:    311 m - Villa O Higgins
Etape 24:   27 km - Dénivelé positif: 468  m
Etape 25: 36  km - Dénivelé positif:  347  m - EL CHALTEN

Cette seconde partie des 13 jours clef va s' effectuer uniquement sur du ripio pour ce qui concerne le vélo - 2 fois 120 km environ - , mais va aussi consister à faire du bateau stop à partir de Caleta Tortel et du ferry plus classique pour traverser le lac qui interrompt la carretera australe à Puerto Yungay.

J1 65 km environ de ripio mauvais à très mauvais voire abo+ diraient les grimpeurs. Et pourtant, rapidement après la sortie de Cochrane, le paysage devient magnifique: lac bleu roi avec un petit nid pour un camping, rivières bleu glacier impétueuses, se divisant en plusieurs torrents cascadeurs, et cirque presque complet de montagnes enneigées. Grosse chaleur, - + de 27 degrés- et pas de vent. Dans ce mauvais ripio, globalement ascendant la moyenne horaire est des plus faibles: moins de 10 km/h.

Une grande descente s'annonce dans laquelle Domnin crève, la seule crevaison à déplorer pour le moment.

A peine 60 km de parcourus et il est temps de trouver un camping, difficile à dénicher et finalement magique face à une belle montagne couverte de 2 beaux glaciers en face de nous et une belle rivière juste en bas pour se laver avant le coucher du soleil.



Lago 


Entourés de sommets, répertoriés?, gravis?

Punta de Oro





Crevaison


Isolé de chez isolé, mais avec panneau solaire
Camping très sauvage




J2: De bonne heure nous levons le camp. La route est belle de ses torrents, de ses fleurs, de son ripio (euh faut pas exagérer quand-même) et de son fleuve majeur que nous retrouvons, le Rio Baker qui va se jeter dans le Pacifique à côté du village à ne pas manquer dans le coin ( il n'y en pas d'autres) : Caleta Tortel.
Au pique-nique, retour inattendu de Fanny et Tancrede et leur improbable tandem.
Nous atteignons ce village de Caleta Tortel au bout de 23 km de détour, au ripio tellement pénible que nous n'envisageons pas un instant de revenir sur la carretera australe par le même itinéraire, voir plus loin.
En haut de la dernière côte, nous découvrons ce village unique, relié au monde extérieur depuis 2005 seulement, dont les maisons sont bâties sur pilotis et reliées en elles par des pontons et des escaliers en bois. Comme c'est assez touristique, l' accueil est moyen, les prix élevés et le dortoir que nous trouvons est plus confiné qu' un refuge du Mont-Blanc, c'est tout dire.







Content de retrouver le Rio Baker
Et de retrouver Fanny et Tancrède


En route vers Caleta Tortel

CALETA Tortel, reliée au monde extérieur en 2005

J3 : Le jeu de ce matin consiste à dénicher un bateau qui nous emmènera à Puerto Yungay, plutôt que de refaire les 23 km de la veille puis de passer un col réputé difficile.
Avec Fanny nous parcourons pratiquement tout Caleta Tortel par les passerelles du bord de mer - il y a plusieurs sorties de secours anti tsunami - avant de faire affaire avec Pablo, dont le prix exorbitant, même négocié nous obligera à trouver d'autres passagers: une routarde  - Carina - nous rejoindra.

 Plus tard dans la matinée, Tancrede aidera des bûcherons à decharger leur bois. Ces derniers reprennent la mer cet après-midi et passent à Puerto Yungay: exit Pablo et va pour les bûcherons pour une somme cette fois très modique.

A fond de cale ouverte, nous parcourons ainsi un dédale de bras de mer pendant environ 3 heures et qq vagues.
Le cocasse de l' affaire est que lorsque nous contournons le dernier cap avant Puerto Yungay, le ferry régulier qui traverse le lac et que nous devons prendre est en train d'appareiller. Qu'à cela ne tienne, on ne va pas perdre du temps: nous allons transborder  nos 3 vélos, nos 15 sacoches et les 5 passagers en plein lac, les 2 bateaux amarrés à la va comme je te pousse.

45 minutes plus tard nous debarquons et demarrons sur qq km le dernier tronçon de la carretera australe: 100 km jusqu'à Villa O Higgins. Camping sous un pont.
Il va beaucoup pleuvoir cette nuit, j'aurai du camper plus à l' abri du pont...

















J4: Nous ne pourrons pas atteinte Villa O Higgins ce jour. Pas surpris car le profil de l' étape est très accidenté. Il faut atteindre un plateau à 400m d'altitude via 4 montées et descentes des plus rudes. Paysage tropical au niveau de la mer qui va rapidement se transformer en paysage andin avec des glaciers qui dégoulinent de partout. Les montagnes qui nous entourent culminent à guère plus de 1000m mais ont toutes un glacier dont le front n'est qu'a 2-300m au dessus de notre route qui n'est plus qu'un simple boyau où les croisements sont difficiles. Un vent fort nous pousse sur cette partie plate. Sûrement le plus beau paysage qu'il nous a été donné de voir. Vers 17h une sorte de refuge abrite déjà pas mal de randonneurs et nous plantons la tente à côté en espérant que le vent ne forcisse pas trop!





Première côte








Sur le plateau

Parmi les




Les barbelés de la Carretera Australe




J5 L'arrivée à Villa O Higgins, bout de la carretera australe

Il reste 30 km, plats certes, en ripio certainement, pas le plus agréable, surtout à l' approche de la ville, dans laquelle on se reposera une journée. Pas malchanceux de trouver des places de bateau pour le surlendemain, d'autres attendent depuis plusieurs jours.


Départ de troupe


AU LOIN, VILLA O HIGGINS une lége






Jour de repos mis à profit pour souhaiter l'anniversaire!




TROISIÈME PARTIE: de Villa O Higgins au Chili à El Chalten en Argentine

CARTOGRAPHIE



Distance:   63 km - Dénivelé positif:   713 m
9 et 10 Février 2015
Etape 1:   km - Dénivelé positif:    m
Etape 2:   km - Dénivelé positif:    m

C'est la partie que nous redoutons le plus, qui consiste à traverser le lac O Higgins, de monter, en poussant les vélos à un col - 5 km - et surtout de descendre au poste frontière argentin au bord du Lago del Desertio sur un étroit chemin dont la réputation - on le verra justifiée - nous fait  beaucoup causer depuis des semaines, voire plus. Une fois franchi ce passage nous aurons fait environ la moitié de la distance à Ushuaia et en plus nous retrouverons le goudron.

Les photos de cette journée mémorable.

8 km magnifiques pour rejoindre l'embarcadère du bout du monde





La traversée du lac, 3h30, très agitée sur la fin. Pour nombre d'entre nous, environs 25 cyclistes, il était temps que cela s'arrête.



C'est parti
La montée au col en poussant les vélos sur une piste sableuse, après le poste frontière chilien, avant l'argentin 19 km plus loin.





Première vision lointaine du massif du Fitz Roy


Cool sur le plateau


Avant la descente sur un chemin

La descente infernale sur le lac del Desierto sur un chemin de 6 km, étroit, sinueux, boueux, et l'arrivée saugrenue au poste frontière argentin











Le passage du lago del Desertio et la descente finale sur El Chalten, face au majestueux Fitz Roy


Depuis le camping du lago del Desierto

Idem

Gros plan sur le Fitz Roy


Attente du bateau de 11h


Traversée du lago del Desierto sous les glaciers



Fin traversée lago del Desierto

Descente sur El Chalten face au Fitz Roy

Relief en gâteau marbré similaire aux hauts plateaux boliviens


Menace de grosse pluie juste avant El Chalten



L'arrivée à El Chalten














3 commentaires:

  1. Tu me donnes trop la nostalgie! quel bonheur de revoir tous ces paysages magnifiques. Il y a juste un an aujourd'hui on atterrissait à paris! je vois que vous avez un temps superbe, tant mieux...courage le ripio c'est bientôt fini! on pense à vous et grosses bises à toute la bande Régine

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  2. Salut Claude vraiment super tu me donnes le mouron ! mais enlève donc ton gilet DDE ... sauf la nuit c'est bien utile mais dans la journée c'est pas très sexy quand même allez courage ! et bravo

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  3. Salut Claude
    On t'embrasse pour ton anniversaire et vous souhaitez une belle fin de parcours
    Bravo à tous et a toi aussi pour ton Blog
    Bruno Christine

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